Exploitation de données bancaires pour les prévisions de croissance du PIB

Analyse du comportement des ménages à partir de données de comptes bancaires pour les prévisions de croissance économique, pendant la crise sanitaire et entre 2023 et 2024
Insee
prévisions
données comptes bancaires
expérimentation
Date de publication

1 juin 2025

Synthèse du projet

Exploitation de données bancaires pour les prévisions économiques de l’Insee
Détail du projet Les données de comptes bancaires constituent une source d’information avancée sur la consommation et l’épargne des ménages, aussi bien à l’échelle microéconomique qu’infra-annuelle. L’Insee les a utilisées ainsi à plusieurs reprises dans le cadre de ses prévisions économiques.

En 2020, à travers l’exploitation de données anonymisées mises à disposition par le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, il est possible d’étudier comment la crise sanitaire a pu modifier la situation financière des ménages clients de cette banque, selon leur niveau de revenu, leur âge ou encore leur catégorie socio-professionnelle.
Les données bancaires utilisées ne permettent pas d’identifier directement les revenus des ménages mais peuvent tout de même être mobilisées pour en déduire une approximation, grâce à l’ensemble des virements et chèques entrant sur les comptes. Ces flux entrants chutent lors du premier confinement avant de rebondir en juin. Le deuxième confinement n’aurait pas provoqué de baisse de ces flux entrants, en moyenne.

Enfin, en 2025, l’Insee a utilisé des données anonymisées de La Banque Postale pour apporter un éclairage sur l’évolution de l’épargne depuis 2020, et notamment d’identifier les ménages qui ont épargné plus en 2024 qu’en 2023.
Acteurs Insee
Résultats du projet Ces études se situent dans le prolongement des travaux menés sur les ménages à partir des données de compte bancaire.

Pendant les deux confinements de 2020, tous les groupes de ménages étudiés, quels que soient leurs niveaux de revenus, auraient diminué leur consommation, laquelle s’est recentrée, en particulier en avril, aux biens de première nécessité. Les ménages qui consommaient le plus avant la crise, essentiellement des cadres et des hauts revenus, auraient donc davantage diminué leur consommation.
La chute de la consommation a provoqué un surcroît d’épargne qui a alimenté les comptes courants des ménages et leurs comptes sur livrets. Le patrimoine financier brut des ménages (épargne liquide, comptes-titres et assurances- vie, crédits exclus) aurait fortement augmenté en 2020. Cette hausse s’observe chez tous les groupes de ménages, quel que soit leur niveau de patrimoine financier. Elle est plus élevée en euros chez les ménages à hauts patrimoines financiers, qui ont pu épargner davantage en diminuant leur consommation. Les ménages à faibles patrimoines, ont également mis de l’argent de côté notamment pendant le premier confinement. Cependant, les montants en jeu pour ces ménages, quelques dizaines ou centaines d’euros en général, demeurent faibles bien qu’ils représentent une part importante de leur patrimoine initial. Parmi les ménages actifs, certains auraient été davantage touchés que d’autres par une baisse de leurs revenus et auraient donc moins augmenté leur épargne : c’est le cas des artisans et commerçants, ou encore des salariés du secteur privé, par contraste avec ceux du secteur public.

L’analyse menée pour la note de conjoncture de juin 2025 permet de montrer que les évolutions des agrégats de revenu, de consommation et du taux d’épargne issues des données de ces comptes bancaires sont cohérentes avec celles de la comptabilité nationale. Depuis le quatrième trimestre 2023, le revenu disponible des ménages a connu une tendance haussière, les dépenses de consommation ont ralenti et le taux d’épargne des ménages augmente tendanciellement en glissement annuel. Si le taux d’épargne moyen a augmenté dans la quasi-totalité des regroupements entre 2023 et 2024, c’est parmi les plus âgés que la hausse du taux d’épargne en 2023 et 2024 est la plus forte : les personnes âgées de 65 ans ou plus ont contribué pour environ deux tiers de la hausse du taux d’épargne entre 2023 et 2024 selon ces données.
Produits et documentation du projet - En 2020, la chute de la consommation a alimenté l’épargne, faisant progresser notamment les hauts patrimoines financiers : quelques résultats de l’exploitation de données bancaires, Note de conjoncture de l’Insee - mars 2021 ;
- En 2024, les revenus des retraités clients de La Banque Postale ont fortement augmenté mais leur consommation n’a pas suivi, ce qui contribuerait aux deux tiers de la hausse du taux d’épargne, Note de conjoncture de l’Insee - juin 2025

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Par ailleurs, d’autres études ont été menées par l’Insee en utilisant des données de compte bancaires. Elles sont disponibles sur le site de l’Insee :